Le Laos avec les Lao...

Nous voulions prendre un tuk tuk jusqu’à la gare routière du nord de Luang Prabang pour prendre le bus 🚌 direction Ban Nam Nga, mais lors de notre chek out à l’auberge notre hôte s’est sympathiquement proposé de nous y amener ! La journée s’annonce bonne 👌 A la station on nous indique un bus très typique pour rejoindre notre destination ! Au final c’est comme un pick’up avec des banquettes face à face à l’arrière, le tout évidement ouvert ! Nous sommes les deux seules touristes parmis les locaux, notre envie d’immersion dans la culture laotienne débute déjà ! 

Nous prenons la route quand le bus est plein, les gens ont des pulls, des couvertures polaires, etc.... Nous n’avons pas compris tout de suite leur utilité... Mais dès que le vent s’est engouffré dans le bus, on a saisit qu’on allait avoir un trajet frigorifiant.... Nous montons dans la montagne, il fait encore plus frais, il y a beaucoup de virage, de trous, le conducteur devra d’ailleurs s’arrêter pour laisser descendre une laotienne malade qui a vomis tout son petit dej..... Top ! 

Nous ferrons aussi plusieurs arrêts sur la route, pour que les gens ailles faire leurs courses voir même que le conducteur lui même aille faire quelques bricoles à droite à gauche.... Nous mettrons donc 2h30 pour atteindre notre destination se trouvant seulement à 80km.... 🙃

Pour arrêter le bus nous devons taper sur la vitre du conducteur!! Ah ben oui pas de bouton stop 🛑 !!

Nous descendons au pont de Ban Nam Nga où une laotienne, Noy doit nous attendre pour nous amener dans son village en 🚣. Nous vivrons avec elle quatre jours, pour découvrir son village, ses coutumes, les villages alentours et faire un trek dans la montagne. 

Noy, nous attends comme prévu avec son frère, Pia et son bateau. Durant le séjour nous serons avec un autre français désirant apprendre le Lao.

Nous embarquons tous direction Simonkhoun, village seulement accessible en bateau. Nous pouvons donc profiter d’une balade sur le Nga, petit affluent du Mékong. Les paysages sont magnifique de part et d’autre ! 

Nous arrivons proche d’un chemin de terre où nous nous amarrons. Après quelques mètres on découvre le village... Des hommes attablés qui jouent aux cartes et boivent du whisky lao, on pense que whisky est un abus de langage c’est en fait de l’alcool de riz. 

On observe des maisons en brique et en bambous, des poules, des canards, et leurs rejetons partout en liberté. Beaucoup de chiens, chiots, chats et chatons aussi. Des personnes travaillent le coton ou la terre, d’autres mangent ou s’occupent des enfants, et tout ça en plein air. Beaucoup d’enfants jouent et courent partout nous lançant des « Saba deeee » ! À tout bout de champ. La route n’est évidement pas bétonnée, c’est de la terre battue très rouge, avec de nombreux trous et cailloux ! Déconnexion totale avec ce qu’on a pu vivre à présent... 

Nous arrivons chez Noy qui nous loge dans un superbe bungalow en plein milieu de son jardin luxuriant, où bananes, papayes, café et autres fruits et légumes poussent à outrance ! C’est calme, c’est beau, juste le champ du coq pour nous embêter 😀 Un petit coin de paradis....

On déguste notre premier excellent repas ici. Puis après une traditionnelle sieste laotienne, nous partons découvrir le village de Noy. Elle était marié à un français donc elle parle un peu français, ce qui est bien pour notre compréhension 🙂 Elle nous présente aux personnes du village, nous amène jusqu’au Vat, où un seul moine vit ! Nous en savons un peu plus sur les pirogues que nous voyons dans chaque Vat. Enfait pour célébrer la fin de la saison des pluie, les villages entre eux organisent une course de vitesse en pirogue. 

Elle nous explique un peu la vie ici, et nous apprends quelques mots laotien ! C’est top. Nous aurons le privilège de goûter du whisky lao.... Oulalala ça réchauffe... Ça pique la gorge !

On rentre chez Noy, discussion autour d’un bon repas et d’une BeerLao. À nos pieds Papaye le chien dors et Nounou le petit chaton viens se blottir sur nous à la fin du repas... Il fait frais ici, le calme règne, pas de connexion internet dans ce coin reculé... Alors un peu de lecture et au lit, ça fait du bien ce calme..

Le lendemain matin, réveillée un peu avant le Chou, le Cha profite du soleil levant sur la terrasse. A part le coq qui chante, le bruit au loin des enfants déjà à l’école, la sérénité règne. À côté de chez Noy un couple de papi et mamie Mhong habite depuis peu. Mamie s’occupe des animaux et papi travaille le bambou. Les habitants passent sur le chemin pour aller travailler dans la montagne. Cette observation de tranquillité laisse rêveur...

Départ à 9h pour découvrir les villages aux alentours. Après 1h de bateau sur la Nam Nga dans des paysages magnifiques, montagnes verdoyantes à perte de vue, orangers, potagers, arrivons au premier village Khoke Nang, où vit l’ethnie Lao Leu. 

On découvre alors la vie des villageois : le piment sèche après avoir été ramassé, ainsi que le gingembre. 

Le coton est récolté, on observe une jeune fille le tisser, avec un métier à tisser qu’elle alimente de ses pieds. 

Noy nous explique aussi le procédé pour faire la teinture lors de la rencontre d’une mamie qui s’y affaire. Ici on travaille le bleu, des plantes sont mises dans un seau déteignant une couleur bleu foncé. Dans un autre seau la mixture a épaissit, et le coton est plongé dedans donnant une jolie teinte bleu marine. Un riche chinois achète les mètres de coton tissé. 

On observe un menuisier à l’œuvre, un autre peignant un bateau, un autre tressant une nasse en bambou pour pêcher le poisson. 

On apprends aussi comment le riz récolté dans la montagne est sortit de sa pellicule grâce à une machine. Probablement cependant tous les villages n’ont pas de machine... 

Pour finir on va voir les enfants à l’école, deux classes de 30 élèves de tout âge pour une seule prof.... 

Ensuite nous allons chez une Mamie qui nous accueille à bras ouvert chez elle. Elle s’installe, presse du coton pour le trier, puis une autre Dame viens le désépaissir dans un panier en osier à l’aide d’un arc et d’un bambou, donnant son aspect blanc et très gonflé que l’on connaît. 

Puis elle le roule et en fait des bâtonnets que la vielle dame prends et tisse avec un fuseau, cela donne un fil !

Belle découverte ! Les femmes installent la table et là sans s’y attendre la cérémonie du Bassi commence. Tous les laotiens présents autour de la table nous attachent à chaque poignets un bracelet en coton fraîchement tissé, en prononçant des prières pour la bonne santé, le bon voyage et autre. Nous devons garder trois jours ces bracelets puis les dénouer. 

Nous partageons tous un repas, à base de riz gluant à prendre avec les doigts bien sur et à tremper dans différentes sauces plus ou moins spicy ! Très bon. Un moment super..🙂 Dont on veut se souvenir longtemps.

Nous quittons ce village en bateau pour rejoindre un village Mhong. On arrive dans un village aux maisons en bambous. Ici un seul point d’eau à l’entrée du village. 

La population est très jeune, les tout petits sont juste vêtus d’un tee shirt. Et ils nous sautent dessus.. En nous voyant arriver une mamie sort des petits tabourets pour que nous nous asseyons un instant, et nous donne un verre d’eau pour 4.. 

Ici les habitants vivent de la récolte de l’arbre à cahoutchou qu’un riche chinois leur achète une misère. En plus contrat d’exclusivité, ils ne peuvent vendre à quelqu’un d’autre. 

Pour se nourrir ils élèvent nombreux cochons, poules, canards qui vivent en liberté. Différence avec le premier village, outre l’aspect plus rudimentaire des maisons, l’organisation de celles ci est particulière. La cuisine n’est plus dehors à l’entrée complètement ouverte, avec la chambre dans une autre pièce. Cette fois la cuisine est au milieu de la seule pièce. 

Vous l’avez on espère compris, la vie dans ce village n’a pas l’air facile, il y a beaucoup d’enfants, peu d’adulte, peu de nourriture. Pas de magasin, et l’accès se fait en bateau. Pas de voiture, quelques scooters. Pas besoin de beaucoup réfléchir pour comprendre que la mortalité infantile est haute ici. Pas de médecin, pas de médicament, et l’hôpital le plus proche est à 2 ou 3h. Et ils n’ont de toute façon pas les moyens de s’offrir des soins.. Nous avions apporté des feutres pour les enfants, mais nous nous sentons bêtes. En les voyants nous comprenons qu’ils n’ont pas de support pour les utiliser. Nous gardons les feutres au fond du sac et leur distribuons quelques 🍬. 

Pas facile cette journée. Nous restons sans voix. Chaque personne rencontrée nous inspire le respect, aucune plainte, juste des sourires. 

Nous partons à travers la montagne pour rejoindre le dernier village Kamou. En arrivant nous apercevons quelques maisons en pierre. Quelques feux de déchets brûlent au bord du chemin. Nous faisons une halte à l’école, cette fois nous pouvons donner nos feutres. Mais encore une fois nous nous sentons bêtes, ils doivent être 100 ou 120 élèves... Nous en avons pas pour tous. La plupart sont en uniforme bleu et blanc, nous arrivons au moment de la récréation. Ils jouent au foot, sur un terrain absolument pas lisse, augmentant la difficulté. Les filles jouent à l’élastique. Notre arrivée ne les laissent pas indifférents, ils nous font visiter leur salles de classe. 

Nous visitons le village où ici aussi il y a beaucoup d’animaux en liberté, et beaucoup d’enfants pour des parents très jeune. Rencontre avec un jeune orphelin qui doit avoir 3 ou 4 ans et qui a déjà un caractère bien trempé! 


Retour au bateau jusqu’au village de Noy. La soirée sera silencieuse, l’émotion des rencontres de la journée n’est pas simple à extérioriser. L’accueil des villageois nous a fait chaud au cœur, les explications de Noy bienvenues. C’est certains, tu ressors changé de ce genre de journée. 


Nous dormons tôt, demain partons faire un treck en forêt. 


Après quelques minutes de bateau, nous accostons à flanc de montagne. Après quelques minutes de marche, nous faisons la rencontre d’un groupe de moine venu passer la journée comme nous en montagne. Nous partons en direction d’un mini village, trois ou 4 maisons de bambou, au bord de bassins. Ce sont des pêcheurs qui vivent ici, et qui nous apprennent l’art de pêcher. Même si ils piègent les poissons en s’aidant de filet, les poissons sont bel et bien pêché, récupéré à la main puis jeté sur la terre ferme, ou un collègue les embroche sur un bout de bois. Les moines observent avec nous. 

Nous sommes dans la montagne au milieu des rizières, nombreux cours d’eau irriguent les plantations, et ces bassins sont fruits de barrages. 

Un peu plus haut, une autre maison. Ces habitants s’occupent de ramasser les pamplemousses qui poussent dans leurs arbres tout autour. Nous, ainsi que les moines, sommes gentiment invités à déguster ce fruit. Délicieux! Rencontre avec les laotiens de la montagnes, toujours souriants et généreux. 

Ensuite, c’est le treck qui commencent réellement. Nous passons à travers la forêt, la jungle, faisons le tour des rizières pour toujours monter plus haut. Sommes contente d’être en basket, il a plu cette nuit, certaines côtes glissent. Pia lui, excelle en tong. Sont vraiment trop fort ces Laotiens 😀

Ça fait vraiment du bien de transpirer dans cette nature à perte de vue. Nous sommes avec Papaye le chien, qui lui aussi s’amuse beaucoup. 


Nous nous arrêtons dans une cabane pour que Noy fasse griller au BBQ les poissons des pêcheurs de ce matin. Nous, nous continuons l’ascension, cette fois à travers boue et ruisseaux. On se débrouille pas trop mal et faisons la rencontre de quelques sangsues 👍🏻

Retour à la cabane, pour un pique-nique improvisé avec poissons, aubergines, piment, et riz gluant. En dessert nous dégustons de la canne à sucre fraîchement coupée du champs juste à côté, succulent! 

Une petite pluie rafraîchie l’atmosphère pendant notre repas, et nous repartons de plus bel à travers la nature. Pas le même chemin qu’à l’aller, les paysages en seront que plus fabuleux. Comment ne pas se sentir minuscule au milieu de cette immensité de montagne. 

Nous terminons la balade en fin d’après midi, reprenons le bateau pour Simonkhoun. Nous méritons bien une BeerLao, dégustée au bar du village avec une Laotienne. Nous rentrons assez fatiguées de l’ascension.

Dernière soirée chez Noy, encore autour d’un délicieux repas. Noy nous donne quelques conseils pour la suite de notre voyage... 


Après avoir préparé nos sacs, nous dormons comme des bébés... 


C’est déjà le moment de partir, après avoir remercié Noy pour le séjour, elle nous ramène à Ban Nam Nga pour que nous prenions un Bus pour Nong Khiaw. 

Histoire de nous apprendre encore plus à relativiser, nous tombons en panne d’essence... C’est pas grave, nous sommes sur une rivière magnifique au Laos. Et même si, de loin nous voyons un bus passer qui semble être le nôtre... Nous prendrons le prochain. 😀👌

Noy est une femme très accueillante, elle a su prendre soin de nous pendant notre visite chez elle. Merci à elle de nous avoir fait découvrir son pays aussi simplement. 


Nous avons beaucoup appris pendant ce séjour. À la fois sur la vie des Laotiens, sur leurs habitudes, et leur culture. Mais nous avons aussi appris sur nous même. Rien ne vaut le voyage pour se découvrir...

Merci Noy

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